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L’Ezin Geldi

Bien plus qu’un défi, une aventure humaine


Samedi 18 juin 2016, 02h30 du matin, le réveil sonne. C’est le grand jour aujourd’hui ! Gwénaël, tu ne peux plus reculer. Le temps de se préparer, de rassembler les dernières affaires, avaler un chocolat chaud et c’est parti direction le port de Saint Jean de Luz, où l’on a rendez-vous avec Matthieu et Thierry à 04h30. On trouve une place facilement, à cette heure-ci il n’y a pas un chat. Le vent froid cingle notre visage, il a plu et la mer est agitée. Nous sommes sur le ponton où est amarré l’Ordagna. Bateau de pêche traditionnel duquel tu devais prendre le départ parce qu’à la vue de la météo et de la houle, tu décides de passer au plan B. Par souci de sécurité pour tout le monde, tu nageras dans la baie de l’Arta, dans la zone de baignade.

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Matthieu, Thierry et toi, vous vous équipez de vos combinaisons, de vos lampes sous les petits yeux et les âmes encore un peu endormies des caméramans. Il est tôt, il y a du vent et il fait vraiment froid. Matthieu s’équipe d’un bon K-way car il sera sur le paddle et portera ta balise pour le suivi live. La météo annonce quelques averses ce matin.

A 04h50, Yannick, notre ami toujours partant pour nos projet, nous a rejoint sur la plage. Il est tombé du lit !  Le bruit des vagues qui se fracassent sur les rochers est assourdissant et résonne dans la passe. Je voudrais filmer en live avec mon téléphone et publier sur notre page Facebook mais on ne voit rien, absolument rien, malgré la lumière du projecteur des caméras. 04H59, le compte à rebours est lancé et évidemment, mon coeur tu ne peux t’empêcher de vouloir un départ “original”. Tu te sens certainement frustré de ne pas avoir pris le départ depuis ce bateau de pêche. C’est alors que tu te tournes vers Yannick et que tu lui demandes  : “tu peux me porter et me jeter à l’eau ?” Ton idée un peu saugrenue nous fait rire et tout le monde se prête au jeu. Il est 05H00, plouf réussi ! C’est le top départ.

De la plage, on aperçoit 3 loupiottes rouges s’éloigner et gagner la limite de la zone de baignade. Limite difficile à discerner dans ce noir presque absolu car les lumières des réverbères en bord de plage sont bien trop faibles pour se refléter dans cet océan. Le jour se lève peu à peu, le ciel est gris, bas et n’est pas très engageant pour réaliser une épreuve de 450 kms environ. Mais peu importe, on y est. Sophie, notre amie et gérante du magasin Rrun à Bayonne, nous a rejoint et nous attendons sagement et impatiemment à l’abri. Thierry sort de l’eau. Victime du mal de mer, il a partagé son petit déjeuner avec les poissons… c’est vrai qu’elle remue la mer !  Il a parcouru 2,5 kms. A 06h, j’appelle Sylvain, ton binôme pour les 360 kms de vélo. Tu nages vite, plus vite qu’on ne l’avait prévu. Il te reste un peu moins de la moitié à effectuer.

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A 07h30, tu sors de l’eau. Tu franchis cette ligne d’arrivée matérialisée par 2 drapeaux : l’un de l’Aviron Bayonnais Rugby pro, notre parrain et l’autre, celui de notre association Rien que du Bonheur. Tes lunettes fumées ont eu l’air de s’incruster dans ton visage mais tu n’es quand même pas trop marqué. Tes lèvres ne sont pas attaquées par le sel. Tes doigts ne sont pas trop fripés. La combinaison, avec les mouvements de nage, t’a brûlé le cou. Tu files au local d’Urkirolak pour une douche bien chaude car tu commences à greloter.  Tu apprécies cette eau chaude qui te réchauffe et qui te fait du bien et tu y restes de nombreuses minutes. Mais tu vas très bien, et pour moi c’est l’essentiel. Prêt à attaquer les 360 kms qui t’attendent.  Je t’aide à t’équiper sous les yeux des caméras et de nos amis qui te chambrent un peu. Bonne ambiance, sourire aux lèvres, tu pars enfourcher ta monture sur les coups de 08H30. Le départ s’effectue sous une pluie fine qui finira par s’intensifier. Je te suis en voiture pour aller au premier point de ravitaillement sur la place de la mairie de Bayonne. Les essuies glace sont réglés en mode grande vitesse, des trombes d’eau forment un rideau devant le nez du capot, de la buée ne cesse de coller au parebrise. J’imagine à peine ce que tu dois endurer… pédaler sous le froid et cette pluie diluvienne… ça commence bien.

Sur la route, je contacte Agnès Duhart, déléguée aux sports de la Mairie de Bayonne pour lui annoncer que l’heure du rendez-vous est avancée. Elle est accompagnée de Cyrille Laiguillon. Des amis nous ont rejoint sur la place de la mairie pour t’encourager car ce n’est que le début et du courage il va t’en falloir pour dompter ces sommets ! Le temps de prendre quelques photos, de déguster des pâtes de fruits de chez Pariès, le soleil a fait une apparition pour l’occasion ; puis c’est reparti direction Ustaritz.

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13407293_395190550651306_2490654413411889823_nJe reprends la voiture pour me diriger vers ce second point de ravitaillement. Sur le trajet, je reçois un message de Sylvain avec une photo. Elle est de toi en train de changer ta chambre à air. Tu as crevé ! Je m’empresse de poster la photo sur Facebook et un ami cavalier commente ” oh merde, il a déféré ;-)”. Aller mon coeur, c’est reparti, te laisse pas abattre ! Sylvain doit bien rire quand même de te voir faire (et moi aussi) … Je pense qu’heureusement qu’il est là.

Arrivés à Ustaritz, Olivier Serra, notre ami et coach en com nous rejoint en vitesse histoire de prendre une ou deux photos. Fier de ton parcours, il gardera ces clichés en souvenir de cet exploit que tu es entrain de réaliser.Ensuite tu passeras par Ahetze où Samuel Soubelet et Pascal Darrigues te prennent au vol pour rouler quelques kilomètres à tes côtés et te donner du baume au cœur. Je prends la direction du Col d’Ibardin. Je me gare sur le parking, grignote un bout en vitesse et t’attends. Trois cyclistes pointent le bout de leur nez. La montée du col t’a bien atteint. Tu tires un peu la langue et commence à fatiguer.

A ta décharge, le col d’Ibardin est costaud. Il est raide, étroit, il y a beaucoup de virages et de circulation.  Sylvain, Pascal et toi, vous posez vos vélos contre la barrière et tu t’assoies par terre sur le goudron du parking qui a commencé à enmagaziner la chaleur du soleil qui perce peu à peu. Ezin-GELDI-12Tu as faim. Je te prépare une assiette de pâtes et de fromage. Maxime le caméraman t’installe un micro cravate pour récolter tes impressions. Un bon café chaud et c’est reparti. On reprend la route pour descendre à Vera, on passe par Zugarramurdi, Dantxarinea où je fais le plein de la voiture et on se rejoint à l’entrée du lac à Saint Pée sur Nivelle. Vous y arrivez à 14h45. Ravitaillement de choix : patates, pâtes, coca, jambon, compote, pain au chocolat, fromage, café… pour toi et Sylvain car Pascal vous laisse après ces quelques kilomètres.  Un article, annonciateur de ton épreuve, est paru sur le  Sud Ouest, avec une belle photo d’Athéna. Entre deux ravitaillements, je suis passée chez un buraliste pour l’acheter. Voulant le consulter, tu t’installes au volant au chaud,  un café à la main lisant le journal. Le temps passe et je m’inquiète. Aller aller, on y retourne !  Direction Itxassou. Ayant un peu d’avance, je me gare au fronton et décide de fermer les yeux quelques minutes. La fatigue me gagne, depuis ce matin avec le stress, l’attente, la com a géré… Me voilà parti pour à peine quelques dizaines de minutes car elles ont été interrompues par le cameraman qui a toqué violemment sur la vitre passager pour me prévenir que vous êtes là. C’est reparti pour des pâtes et des patates et du café… zut ! Il n’y en a plus… Breuvage de prédilection car caféiné et chaud. Garée devant un bar, je décide au culot de demander deux thermos de café. Seulement voilà, je tombe sur quatre  énergumènes un peu bourrés, dont deux qui avaient fortement abusé du lever de coude. Ne me voyant pas revenir, tu viens à ma rencontre et un des hôtes du bar se suspend à ton cou, te prenant à partie. Voyant la situation tournée au vinaigre, je te dis que je vais les gérer et que je vais rapporter les thermos sans souci. Pour m’en sortir, je leur demande s’ils ont lu le Sud Ouest ce matin. Par chance, la réponse est positive et un des gars un peu plus lucide que ses copains calme le jeu. Aussitôt, les délurés se taisent car forcés au respect par l’annonce de l’exploit, me demandant pardon d’avoir été irrespectueux. On dit que la vérité sort de la bouche des enfants, elle sort aussi de la bouche des gars bourrés ! En tous cas, j’ai eu mes deux thermos de café pour les prochains ravitaillements, ce que je voulais pour votre confort moral et physique.

La météo refait des siennes et il pleut… des trombes. Bloquée par la circulation, je ne vous rattrape qu’à Louhossoa. La pluie n’a de cesse de tomber ! Mais comment tant d’eau peut tomber en si peu de temps, surtout aujourd’hui… On se retrouve à Baïgorri. Sur la route, j’appelle ma meilleure amie Julie et son compagnon Yann. Ils nous avaient reçu pour l’Euskal Trail et s’étaient pris au jeu du suivi live avec le tracker. Trois sonneries après, la voix de Yann retenti. Je lui explique que je suis en route pour Baïgorri et que ça serait sympa que l’on se voit. J’entends mes amis sourirent au téléphone et m’annoncent qu’ils finissent d’habiller Milia avant de prendre la route et de nous retrouver. Cette fois aussi ils t’ont suivi et nous retrouver était prévu dans leur emploi du temps. Réunis avec bonheur, on t’attend sous la bâche du bar de la mairie qui est fermé. Même la pluie fait fuir les natifs.  Même pas un chocolat chaud pour réchauffer le corps et l’âme. La pluie ruissèle le long de la bâche transparente. Vous arrivez sourire aux lèvres, heureux de vous arrêter pour vous ravitailler. Tu es heureux de revoir nos amis, d’autant plus que Yann s’est mis aux fourneaux pour vous. Il a préparé des verrines tarte citron meringuée sur lit croquant. Il a pris soin de préparer deux tupperwares avec cuillères, verrines et meringues. Je vous envie mais vous devez prendre des forces et manger des petites choses qui réjouissent les papilles qui donnent du baume au coeur et qui requinque. Le temps d’une photo tous ensemble, le programme nous appelle vers Ispéguy. Un col !

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Et oui, au Pays Basque, il y a tout mais ça monte drôlement ! Il n’y a pas une rose sans épine… ça monte et pas progressivement, ça monte d’un coup ! Je vous dépasse et mon téléphone sonne. C’est Oihanna et Alain. Encore un couple d’amis qui t’a suivi en live grâce à la balise. Ils ont décidé de venir t’encourager sur la parcours. On les retrouve au sommet du col où vous faites une pause. Le tableau de bord affiche 9°, un vent glacial souffle légèrement et refroidit les vêtements déjà très humides. Quelle sensation désagréable ! Le temps que vous arriviez, on découvre la vallée des Aldudes que l’on aperçoit en contrebas. Un petit poulain pottock tout mouillé est couché aux pieds de sa maman qui est sur le point de mettre bas. Il a froid et tremblotte un peu. Il me donne envie de l’enrouler dans une couverture et de l’embarquer à la maison. Entre temps, tu es monté dans la voiture et tu t’es affalé sur le siège passager pour faire une micro sieste. Avec Sylvain, qui a la forme, on prend la décision de ne pas te laisser trop dormir car tu vas te refroidir et repartir peut-être dur. Nous laissons Alain et sa petite famille pleine de vie au sommet et nous reprenons la route vers Elizondo puis Eugui. Petit village espagnol qui nous rappelle la Suisse. On fait un bon ravitaillement. Il faut que tu manges, il est plus de 21h00 et la nuit qui ne va pas tarder à tomber, entraine avec elle, humidité et encore plus de froid. Tu cumules la fatigue et tu vas brûler davantage de calories. Avec Sylvain qui ne montre aucun signe de faiblesse, on te gave de patates, de jambon et de fromage. On t’autorise à dormir un petit peu car même 10 minutes suffisent à recharger les batteries. Vous en profiter pour enfiler des effets chauds, pour moi c’est facile je n’ai qu’à appuyer sur un bouton pour augmenter le chauffage. Je lutte contre la fatigue aussi. Le crépuscule étant là, ne connaissant pas la route et surtout pour votre sécurité, je reste derrière vous avec warning dès qu’un véhicule approche. Je vous éclaire avec les phares de la voiture. Bien souvent, je crains pour elle car en côte, j’alterne 1ère/2de et le moteur chauffe un peu. Une astuce consiste à mettre le chauffage à fond afin de faire baisser la température du moteur. Me voilà donc dans une étuve, j’ouvre les vitres car il fait vraiment trop chaud et la température élevée m’ensuque un peu.

Ezin-GELDI-4Sylvain te guide et tu prends sa roue. Il te protège un temps soit peu du froid, du vent et du brouillard. Aspiré par l’air, tu n’as pas besoin de pédaler à certains moments. ça à l’air facile comme cela et pourtant, je vois au fur et à mesure les traits de ton visage se creuser un peu plus au fil des kilomètres. Nous faisons route vers Bizkarreta Gerendiain. Tu avais fait la reconnaissance du parcours la semaine avant et tu te souvenais d’un panneau indiquant Bizkarreta. Mais plus on roulait et plus je perdais espoir d’apercevoir ce panneau. La nuit est tombée, Sylvain te pousse dans les montées, il tient son vélo à une main et pédale sans sourciller. Il dit qu’il n’a pas beaucoup de niveau, on dira plus qu’il est une machine. Tu es plus fort que tu ne le crois Sylvain, ça c’est certain ! Et ta gentillesse est à la hauteur de ton niveau sportif. Nous arrivons enfin à Bizkarreta et là, tu prends une décision. La météo se gâte de plus en plus, la température descend presque à vue d’oeil. Il fait 6° et le brouillard commence à se faire plus dense, plus épais. C’est alors que regardant le chrono, tu penses qu’il est plus sage de couper. On ne passera pas par le col de Larrau ni par les chalets d’Iraty. De plus, le vélo bien qu’étant un super vélo n’est pas réglé pour toi et les cales commencent à te créer une douleur aux genoux. Vous finirez le parcours par Roncesvalles, Arnéguy pour finir à Saint Jean Pied de Port, comme prévu.

Ezin-GELDI-5Tout au long du parcours vélo, quand le réseau du portable le permettait, j’avisais Jean Louis Yanci de ton avancée afin qu’il se rende en temps et en heure à Saint Jean Pied de Port pour le départ du trail. Sylvain t’a guidé d’une main de maitre jusqu’à bon port à 01H00. Maxime et Chloé, les caméramans nous attendaient pour faire une interview de Sylvain et de toi-même. Recueillir vos impressions, vos sensations, votre sentiment sur cette aventure humaine avant tout et sur cette épreuve extrême. Le temps de te changer, te masser avec des huiles essentielles comme on en a l’habitude maintenant, la montre affiche 01H45 et c’est presque frais comme un gardon que tu prends la route qui mène au sentier avec Jean-Louis et Bernard. Ezin-GELDI-18

Au mois de mai dernier, quand tu as mis au courant Jean Louis de ce projet, il n’a pas hésité une seconde pour t’accompagner sur ce parcours. Jean-Louis est un basque au grand coeur. Paraissant timide et peut-être un peu dur, c’est une carapace pour dissimuler un homme généreux et très sensible. Comme toi au final mais avec presque 30 ans d’écart. Je pense qu’il a voulu jouer un rôle protecteur à ton égard, un peu comme un père et son fils. Concourant à la réussite de ton projet, te poussant et t’encourageant, te menant sur le bon chemin.

Isabelle son épouse assure avec moi les ravitaillements. Pour vous rendre à Baïgorri, il vous faut environ 3h, au quart d’heure tournant. Je décide de me rendre directement là-bas pour dormir un peu. Isabelle se rend entre temps au sommet du Munhoa. Garée sur la place de la mairie, au même endroit que pour le ravitaillement vélo, je mets le siège de la voiture en position couchée, je revêts une veste chaude et me couvre avec la couverture. Je programme le réveil pour 04H30 et je m’en vais dans les bras de Morphée. Malheureusement, je me réveille avant que mon téléphone ne retentisse à cause du froid. Je grelotte donc je mets le contact de la voiture et mets le chauffage à fond. Impossible de me rendormir. La voiture d’Isabelle est garée à côté de la notre et les caméramans sont là eux aussi. J’essaie de me réchauffer un peu, le temps passe et tu ne tardes pas à arriver. Un peu de gâteau au chocolat énergétique pour Jean-Louis, quelques patates pour toi, un bon massage aux genoux, quelques images enregistrées et c’est reparti mais sans Bernard. Isabelle le raccompagne à Saint Jean Pied de Port. Toutes les deux, nous nous donnons rendez-vous au pont de Bidarray, puis elle me guide aux pieds des crêtes d’Iparla. Un endroit prisé par les traileurs puisque nous en avons croisé des dizaines avant votre arrivée. Nous discutons de tout,  de rien, de la vie et nous nous apercevons que nos histoires d’amour respectives sont assez similaires. Le paysage qui s’offre à nous est splendide. Le ciel est noir, menaçant mais le soleil émet quelques rayons, ce qui crée un arc-en-ciel de toute beauté. Le vert des montagnes contraste avec la couleur du ciel ce qui révèle davantage le relief des crêtes. Les montagnes paraissent découpées avec précision. Même une photo aussi magnifique soit elle ne révèlera pas toute la splendeur de cette nature et le plus beau souvenir est gravé dans notre souvenir. Plus tard, tu me diras que vous étiez sous cet arc-en-ciel. Vers 08h30, après avoir bien parlé, la fatigue nous rattrape et nous décidons de nous reposer en vous attendant, chacune dans nos voitures respectives. Je ne tarde pas à m’endormir pendant 1h, ce qui me fait du bien. Vers 09h30, côte à côte, Jean-Louis et toi, arrivez en courant. Fromage, patate, jambon, gâteau au chocolat sont au menu de ce matin. Assis sur le bord du coffre de la voiture, tu as un peu froid et je te couvre avec la couverture. Tu te la mets sur la tête et tu t’endors assis. La pluie refait surface… il y avait longtemps ! Après un dernier massage, un pain au chocolat vite avalé, vous repartez vers “le village abandonné”. Quant à moi, je suis Isabelle jusqu’à Lezetako Borda où l’on s’arrête pour prendre un café et remplir à nouveau les thermos. Je passe quelques minutes au téléphone pour prévenir tout le monde de ton avancée. La balise n’émet pas en Espagne et le téléphone ne passe pas. Vous finissez par nous rejoindre quelques instants après. Un café pour vous aussi. Tu vas aux toilettes et ne te voyant pas revenir au bout de 5 minutes, je pars toquer à la porte. Tu t’étais endormi !  Devant aller chercher Athéna, je vous quitte à cet endroit pour rentrer à la maison. Avant je donne quelques barres, compotes, chocolats à Isabelle pour le ravitaillement d’Aïnhoa que je ne peux assurer.

En chemin , j’ai prévenu Sandra qui nous assure le transport d’Athéna. Nous avons rendez vous à 13h30. En lien aussi avec Géraldine, la chargée de com de l’Aviron Bayonnais, on tente de prévoir un horaire pour l’arrivée de Pottoka, au sommet de la Rhune.

Athéna équipée nous t’attendons sur le parking à Sare avec nos amis : Sophie, Jérôme, Yannick, Céline, Sandra avec ses enfants et son compagnon… Le temps d’avaler un café, manger un bout, il ne faut pas trainer pour arriver sur la Rhune. Le soleil est de la partie, enfin, comme s’il voulait lui aussi participer à ta victoire, à notre victoire, à celle de nos amis qui nous ont tous aidé et accompagné pour cette épreuve.

Ezin-GELDI-28Je prends Athéna au licol et les premiers mètres sur le bitume sont assez durs pour moi. Je n’ai pas beaucoup mangé, je n’ai pas beaucoup dormi, je suis un peu stressée car l’objectif est  : Pottoka au sommet. De temps à autres, tu décides de me faire monter sur Athéna, sans selle, juste au licol. Cette jument qui a vécu toutes les étapes de ma vie comprend tout. Elle se dirige vers ce sommet comme une gazelle. Puis, la détermination étant là, je prends de l’avance avec Athéna. Pied à terre, nous marchons toutes les deux d’un bon pas et nous vous distançons de quelques mètres. Nous arrivons aux 3 fontaines et nous longeons la voie de chemin de fer. C’est la portion la plus dure. Jean-Louis et Jérôme te prenne par la main pour t’aider à monter. Il y a quelques portions assez raides. Nos amis Matthieu et Thierry nous ont rejoint. Yannick monte avec Grisouille, le Malamute de Sophie ; quant à Sophie et Céline, elles sont montées à pied en suivant la voie du petit train depuis la station.Le petit train monte vers le sommet et un klaxon retentit, des hurlements d’encouragements qui émanent du wagon parviennent à nos oreilles ! Les passagers sifflent et applaudissent ton exploit.

Avant d’atteindre le sommet, une bute masque les antennes de la Rhune. C’est à ce moment là que tu décides de prendre Athéna. Plus que quelques mètres et ça y est, enfin, on arrive. Pottoka nous attend sur un rocher, il agite les bras et crie “aupa Gwen” ! je retiens mon émotion mais je me doute qu’à un moment ou à un autre, elle va sortir. Pottoka se lance à notre rencontre et te prend dans ses bras. Tu as rempli ton contrat. Tu as bouclé ton défi en 36h. La mascotte de l’Aviron Bayonnais nous entraine jusqu’au sommet, Athéna se demande ce que c’est et en plus elle se dit qu’il parle ! Ils sont bizarres ces humains…! Mais habituée à la foule, au bruit, elle suit pour faire plaisir et parce qu’elle a confiance en nous. Sur la plateforme, nos amis nous attendent. Sous un tonnerre d’applaudissements, on fait une holà improvisée par Pottoka avec Jean-Louis, Jérôme, Thierry et Matthieu. Des dizaines de photos sont prises, un petit discours est prononcé par Pottoka pendant que je fais le tour pour aller embrasser chacun de nos amis. Sophie qui a de grandes qualités humaines prononcent des mots qui me touchent au plus profond de moi-même et je m’effondre dans ses bras. Je suis si fière de toi. Tu as nagé, pédalé et couru plus de 400kms. Tu as crée et fait une épreuve qui n’existe pas en France. Tu étais tellement déterminé que cela t’a semblé presque facile. Tu as réussi mais tu as réussi aussi grâce à nos amis qui t’ont accompagné sur chacune des épreuves de ce double ironman. Tu as suivi Mattieu dans la baie, écoutant ses conseils, Sylvain t’a été d’une aide extrêmement précieuse. C’est une machine humble qui a beaucoup de qualités. Jean-Louis, ton binôme du trail t’a guidé jusqu’à la fin, t’encourageant, te soutenant. Tu n’as rien lâché. C’est ton épreuve mais sans eux, tu n’aurais pas pu la terminer dans ces conditions.

Ezin-GELDI-10Tu es juste humain mais tu es doué de qualités intrinsèques exceptionnelles qui te permettent de réaliser ce genre de défi. Tu possèdes en toi des qualités humaines qui font de toi un terrestre extra. Certains de nos amis proches te disent que tu es “taré” mais c’est pour cette raison qu’ils t’aiment.

Lorsque l’on te pose la question  : “pourquoi tu fais tout ça ? ” Tu ne sais pas quoi répondre parce que tu ne sais pas toi-même. Avec toute ma sensibilité de femme et étant ta compagne, je pense que tu ne sais pas encore mais que ton âme, elle, sait. Tu cours après une quête spirituelle. Se dépasser, dépasser ses limites pour te connaître et pour mieux comprendre ceux qui t’entourent, comprendre ce monde si complexe, chercher un but à cette vie. Nous avons tous une mission sur Terre, la tienne deviendra plus claire une fois que tu auras relever ton plus grand défi… qui sait..?

Pour ma part, j’ai vécu pendant ce week-end une aventure humaine extraordinaire. Tu en as rêvé, tu as osé, on a partagé, tu as été déterminé pour que cela soit Rien que du Bonheur pour toi et toux ceux qui nous ont accompagné.

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Place au repos mais pas trop ! Lors de ton dernier face à face avec la caméra, tu as dit que l’amour est porteur et qu’à deux, on peut aller loin. Alors repose toi mais ne t’endors pas, nous n’en sommes qu’au début.

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Elisabeth

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